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Une odeur de Mananas

Grand Prix de la nouvelleSakiamboundou savait que ce soir la discothèque serait pleine. Le jour de la fête nationale, c’est toujours ainsi, chacun se met sur son trente-et-un. Le jeune homme se rendit donc chez Abdoulaye, l’un des commerçants de la ville. Il s’apprêtait à acheter une paire de chaussures, un costume bleu en tergal, une chemise et une cravate. Abdoulaye lui fit croire que ces habits et ces souliers n’attendaient que lui, qu’il les bazardait juste pour la fête de l’Indépendance, que dans la ville, tout le monde allait se retourner à son passage, en particulier les femmes.

Sensible à ces propos, Sakiamboundou vint à oublier qu’Abdoulaye se moquait comme de l’an quarante que les manches de la veste arrivent à peine aux poignets du client ou que le pantalon soit un peu court pour sa grande taille.

- Les manches de la veste sont courtes, non ? s’inquiéta Sakiamboundou.
- Camarade, répondit le commerçant, c’est comme ça qu’on porte une veste en tergal ! J’habille le Maire, le Préfet, les Docteurs en pétrochimie et les fonctionnaires !
Abdoulaye plia les vêtements, les rangea dans un sachet comme si l’affaire est conclue.
Sakiamboundou paya, sortit vite du magasin.
Arrivé chez lui, il essaya à plusieurs reprises de tirer les manches de la veste afin de les allonger. Résigné, il se dit qu’il n’était pas du tout ridicule puisque le Maire, le Préfet, les Docteurs en pétrochimie et les fonctionnaires du pays s’habillaient de la sorte…
***
A dix-huit heures, une fois qu’il fut habillé, il exécuta quelques pas au salon devant son miroir, qu’il déplaça afin d’avoir un angle qui refléterait son profil le plus avantageux.
A la fin, il trouva que le costume lui allait bien, que la chemise scintillait et que la couleur de la cravate était assortie à ses chaussures.
Alors qu’il devait sortir aux alentours de vingt-deux heures, il était déjà fin prêt à dix-neuf heures trente et piaffait d’impatience ! Il eut l’idée d’aller dehors afin de détendre le cuir de ses chaussures, mais surtout pour juger de la réaction des passants.
Dans la rue, un vieillard se retourna, le salua avec respect. Mais plus loin, deux jeunes gens pouffèrent de rire...
Il marcha le long de la rue Pauline Kengué, hésita, entra dans le bazar d’un Libanais. Le commerçant le détailla et lui dit :
- Il te manque quelque chose, camarade…
- Ah bon, quoi donc ? s’étonna Sakiamboundou, les yeux rivés sur les manches trop courtes de sa veste.
- Réfléchis un peu ! dit le Libanais en le toisant des pieds à la tête.
- Je ne vois pas…

Le Libanais s’éloigna vers l’arrière-boutique, se saisit d’un escabeau, gravit trois marches et prit un flacon qu’il dépoussiéra en soufflant dessus.
Il revint devant Sakiamboundou, le sourire jusqu’aux oreilles :
- Voilà, c’est bien ça qu’il te faut, du Mananas !
Ca attire les belles femmes, c’est moi qui te le dis !
- C’est quoi, ça ?
- Comment ça ? Tu ne connais pas le Mananas ?
- Y a pas autre chose que ce parfum ?
- Pourquoi, tu as un problème avec le Mananas ?
- C’est que… enfin je veux dire… j’ai entendu que c’est avec ça qu’on parfume les cadavres à la morgue et…
- Qui donc t’a raconté des âneries comme ça ?
Je te jure que c’est avec ça que j’ai moi-même séduit ma femme dans une discothèque de Beyrouth il y a vingt ans ! Alors, les gens racontent n’importe quoi. Utilise ça et je te garantis que tu feras une rencontre ce soir !
Sakiamboundou revint chez lui avec le Mananas.
Il se dit toutefois qu’il n’allait pas l’utiliser.
Mais alors qu’il se peignait les cheveux pour une dernière fois avant de partir pour le Cérémonial, ses yeux se posèrent sur le flacon de Mananas qu’il avait laissé sur la table. Tout compte fait, il l’ouvrit et se parfuma à plusieurs reprises…
La boîte de nuit était à l’autre bout du quartier Trois-Cents.
Il héla un taxi, et lorsqu’il s’enfonça dans le siège arrière, il se dit : « Ce soir, je sens que je vais faire une rencontre  qui va bouleverser ma vie… »

À vous d’écrire la suite…

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A VOS PLUMES !

Pour la troisième édition de notre concours littéraire, c’est le célèbre écrivain congolais Alain Mabanckou qui a accepté de mettre son talent au service des Planètiens. Il ne vous reste donc plus qu’à vous glisser dans son univers, vous munir d’un stylo ou vous installer devant un ordinateur pour écrire la suite de ce récit palpitant.

Les cinq meilleurs textes seront publiés dans un recueil qui sera inséré dans le numéro 95 de Planète Jeunes, daté d’octobre 2008.

LES LOTS

Le Grand Prix : 200 000 Fcfa et un trophée pour l’auteur de la meilleure nouvelle ainsi que des livres, CD, clés USB pour les autres auteurs publiés.

REGLEMENT DU CONCOURS

Conditions de participation
• Avoir moins de 25 ans au 31 décembre 2008
• Envoyer son texte avant le 30 avril 2008
• Le texte devra comporter moins de 1500 mots


Pour envoyer son texte, nous écrire

• Par courrier manuscrit (à la main, à l’encre noire, avec une écriture bien lisible) ou tapuscrit (tapé sur ordinateur) et l’envoyer à :
Planète Jeunes, Concours « Grand-Prix de la nouvelle », 1 Rond Point Victor HUGO – F-92137 Issy-les-Moulineaux Cedex
• Par Internet : taper le texte sur l’ordinateur et l’envoyer
• Par mail à : grand-prix@planete-jeunes.org ou directement sur le site www.planete-jeunes.org rubrique “3ème Grand Prix Planète Jeunes de la nouvelle”

Très important : N’OUBLIE PAS DE MENTIONNER TRES CLAIREMENT : ton nom, ton prénom, ton âge, ton adresse ou ta boîte postale, un numéro de téléphone où on peut te joindre.

Sélection : la rédaction de Planète Jeunes, ainsi que les membres du jury sélectionneront 20 nouvelles parmi lesquelles l’auteur, Alain Mabanckou, choisira le Grand Prix Planète Jeunes de la nouvelle, ainsi que les quatre textes qui seront publiés.

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À vous d’écrire la suite…

 
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